C’est parmi les personnes de religion catholique que les discriminations sont les moins fréquentes, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Ainsi, 50,4% des avocates catholiques et 19,5% de leurs confrères de même confession déclarent être confrontés à des discriminations (tous motifs confondus) sur les cinq années écoulées. Les trois groupes les plus concernés sont, par ordre décroissant d’importance, respectivement pour les femmes et les hommes : les personnes se déclarant de religion musulmane (72,1% des femmes concernées et 56,8% des hommes), juive (59,3% et 23,4%), puis bouddhiste ou d’une autre religion (58,7% et 22,7%). Une mention particulière peut être également réservée aux avocates qui déclarent être de religion protestante. Dans l’ensemble des femmes distinguées par sous-groupes d’affiliation religieuse, elles arrivent en effet en deuxième position derrière les avocates de religion musulmane, en déclarant pour 64,5% d’entre elles avoir été confrontées à une discrimination en lien avec la religion dans les cinq dernières années. Dans le cas des avocates et avocats musulmans, outre l’importance très élevée des discriminations, on observe un phénomène que l’on ne retrouve pas dans les autres sous-groupes, à savoir une plus grande proximité des discriminations rapportées par les hommes, par rapport aux femmes. Alors que le taux des discriminations rapportées par les femmes est la plupart du temps 2,5 à 3 fois supérieur à celui des discriminations rapportées par les hommes, entre les avocates et les avocats musulmans, le rapport n’est que de 1,3. Dans le cas des musulman·e·s, l’effet de la religion déclarée apparaît donc comme en partie « concurrent » de l’effet de genre constaté dans le reste des résultats.