Les assureurs, de même que les investisseurs, sont d’ordinaires prompts à mettre en avant leur rôle d’engagement auprès des entreprises afin de justifier le maintien de leurs investissements dans celles-ci. Bien que des années de rhétorique en ce sens n’ont pas délivré des résultats démontrant l’efficacité des mesures d’engagement, les investisseurs français font aujourd’hui face à plusieurs cas tests : la fermeture des centrales à charbon détenues par les entreprises européennes en Europe et au-delà. De nombreux pays de l’Union européenne ont annoncé la fermeture de leurs centrales à charbon d’ici 2030 (France, PaysBas, Royaume-Uni, etc.). Cependant, le juste partage des responsabilités dans les efforts à mener en matière climatique implique l’exemplarité en Europe, mais également dans les pays du Sud où des acteurs publics et privés européens sont présents via des projets prévus ou existants de centrales à charbon. Les actions représentent la moitié des investissements détenus par les investisseurs français dans les 120 développeurs, mais pour certains acteurs européens, comme RWE et PGE, la part des actions dans le total de ces investisseurs français monte respectivement à 60 et 100 %. Les investisseurs français dans ces entreprises, et en particulier BNP Paribas et Société Générale dans RWE et AXA dans PGE, doivent là user de leur supposé pouvoir d’influence pour pousser les entreprises à renoncer à la construction de nouvelles centrales en Europe. Le cas de PGE et d’AXA est particulièrement intéressant : AXA détient plus de 2 % des actions de PGE pour une valeur totale de 116 millions d’euros, soit une part assez conséquente pour réellement peser sur l’entreprise qui prévoit 5 260 MW de nouvelle capacité en Europe. PGE, qui génère 90% de son électricité à partir de charbon, tire plus que 50 % de son chiffre d’affaires du charbon. AXA devrait déjà donc avoir désinvesti en vendant les actions qu’il détient de PGE. AXA doit donc faire un choix, soit désinvestir immédiatement de PGE, soit s’engager à le faire d’ici 2 ans si une stratégie d’engagement ne permet pas de forcer PGE à renoncer à ses plans de développement. La responsabilité d’un acteur s’arrête-t-elle dès que les entreprises atteignent les 3 critères recommandés ? Il n’en rien car c’est bien vers zéro charbon qu’il faut tendre et non vers moins de charbon